Église
Notre Dame de l'AssomptionOrgue Louis Bonn
Y a t-il eu un orgue au temps du cardinal? Aucun document ne l'atteste. Ce ne serait pas, de toute façon l'instrument actuel, qui, s'il réutilise des materiaux plus anciens - Quarante trois tuyaux du XVIIIe siècle dans le nazard du grand orgue, huit dans les basses de la flûte 8, douze dans les basses du bourdon de 8 -, est le témoin d'une facture du XIXe siècle. Le buffet ne comporte pour sa part aucun élément du XVIIe ni du XVIIIe siècle, et n'est pas bâti selon les techniques ayant court sous l'Ancien Régime.
Seuls
documents d'archive dont nous disposons à ce jour, une délibération
du conseil de la fabrique de Saint Denis d'Amboise et un procès
verbal de visite parstorale:
Le 1er Octobre 1854, le conseil de la fabrique de Saint Denis d'Amboise cite l'orgue de Richelieu parmi les ouvrages qui assurent la réputation du facteur Louis Bonn, "M. Bonn offrant, à cet égard, toutes les garanties désirables par les beaux instruments qu'il a fabriqué pour les églises de N.D. la Riche à Tours, de Richelieu, Angers, Vendôme et autres lieux..."
Le 20 Septembre 1858, le procès verbal de la visite pastorale signale:
Peut-on en déduire que c'est en 1853 que Louis bonn constuit
l'orgue de tribune de l'église de Richelieu?
Mais à qui doit-on les interventions que révèle l'examen de l'instrument?
-Remplacement
des trois tuyaux de la tourelle centrale ainsi que de toutes les peausseries
de joint avec des peaux traitées de couleur violette (bien visibles
sur la photo)... Le nom de Louis Debierre est avancé...
-Modification de la voix céleste par décalage d'un demi ton et rectification générale de l'harmonisation du récit.
-La disparition des 150 tuyaux du dessus de cornet du grand-orgue vers 1939 serait le fait, dit-on à Richelieu, d'un facteur d'orgue -Nicolas Toussaint nomme l'entreprise Gloton- qui voulut se payer de la pose d'un ventilateur électrique.
-Disparition plus récente des postages du dessus de cornet du grand-orgue.
Lors de sa visite du 24 Juin 1962, la commision diocésaine d'Art sacré suggère quelques moyens de parvenir à une restauration devenue nécessaire.
"Pour engager une restauration serieuse:
Ces avis ont-ils été suivis? A partir de 1982, des
projets de restauration sont présentés par quatres facteurs:
Boisseau et Cattiaux, Madigout, Mounier et Thibaud. Ils vont du simple
relevage avec restitution du cornet à la reconstruction complète
dans le style du XVIIe siècle.
Il propose le classement au titre des monuments historiques. Celui ci est prononcé par arrêté du 29 Janvier 1990 avec libellé suivant: "partie instrumentale de l'orgue construit entre 1855 et 1858 par le facteur Louis Bonn"
Dans
le cahier des clauses techniques particulières en vue d'une restauration,
Claude Aubry, technicien conseil, préconise le 19 novembre 1991
un relevage: remise en état du matériel existant, reconstitution
des tuyaux manquants, rétablissement de la voix céleste dans
sa disposition d'origine.
Le marché est attribué à Nicolas Toussaint et à sa manufacture bretonne d'orgues. Le facteur indique en octobre 1992 les techniques qu'il compte employer pour la restauration à l'identique de l'instrument de Louis Bonn.
Il précisera dans un compte rendu de restauration les recherches effectuées pour reconstituer les éléments disparus: "Il nous manquait deux demi jeux: un dessus de Cornet constitué de 150 tuyaux et une basse de Basson de 24 tuyaux. Nous avons visité 3 orgues, l'un à Blois, l'autre à Montreuil-Bellay et le troisième à Challans pour comparer les jeux existants. Finalement il n'a pas été possible de trouver de basson complet, nous avons donc procédé par extrapolation par rapport à la première octave du Hautbois de Blois. Quant au Cornet, nous avons utilisé les perces du tamis, resté sur place, pour retrouver les diamètres correspondants, en suivant la progression des pieds par rapport à leur hauteur. La saule question, par rapport aux Cornets relevés, était de savoir s'il fallait des cheminées au rang de Bourdon. A Blois, il y a des cheminées, mais aussi sur les Bourdons 8 et 16. A Montreuil Bellay, il n'y en a pas, par contre les calottes sont mobiles. Nous avons pris le parti de suivre l'exemple des Bourdons existants dans l'orgue: sans cheminées, à calottes soudées."
Pour d'avantage de détails sur la restauration voir le site de la Manufacture Bretonne d'Orgues.
Les travaux conduits par Eric Brottier, technicien conseil pour le ministère de la culture, qui prononce le 6 octobre 1994 la réception "sans réserve" des travaux. Et le 8 octobre, l'instrument restauré est inauguré avec le concours de Michel Beteille (organiste titulaire) et de Dominique Joubert, organiste à Grenoble et Valence, dont les premiers pas musicaux avaient été guidés, sur l'orgue de Richelieu par Mlle Marie Audebert (1900-1993), organiste titulaire à partir de 1918.