Église Notre Dame de l'Assomption

Richelieu

Orgue Louis Bonn

Le Buffet


L'actuel buffet présente une vaste composition de façade: hauteur 7 m au pied des statues, largeur de 4 m pour le corps central, profondeur 1,80 m pour le meuble abritant l'instrument proprement dit. Cette façade paraît attribuable au début de la seconde moitié du XIXe siècle. Elle pastiche avec un certain bonheur un grand buffet d'Ancien Régime. Le dessin de ce "buffet-décor", de huit pieds en montre, semble avoir été élaboré en fonction des élévations mais aussi de la grammaire décorative utilisée dans l'édifice, sans tenir véritablement compte du volume relativement modeste de l'instrument auquel il sert de paravent.

La composition est très classique. Derrière l'élégante balustrade aux fins balustres simplements tournés, un étage de soubassement est masqué en son centre par une travée en saillie sur la balustrade, traitée comme un positif de dos à neuf chanoines, qui n'a pour fonction que d'abriter le banc de l'organsiste. La partie basse de ce faux positif de dos est animée d'un décor de stuc en demi relief: un "u" de guirlande enserre une lyre à trois cordes. Au registre supérieur, la corps central du buffet est accosté de deux ailerons très découpés et enrichis de motifs floraux et autres guirlandes en stuc. Il présente une tourelle d'axe semi-circulaire à trois tuyaux, la plus haute de la composition, et deux tourelle latérales semi circulaires à cinq tuyaux. Deux plates-face de sept tuyaux séparent ces trois tourelles. Ces dernières, par leur saillie marquée sur la façade du buffet comme par leur théatral amortissement d'une muse et de deux génies ailés, rythment l'ensemble de la contruction.

La tribune surprend par ses dimensions. Il semble qu'elle ait été reconstruite et agrandie: en effet, l'actuel buffet de positif de dos postiche servait de banc pour jouer l'orgue, et la traverse entre le grand corps et le positif de dos est peinte en continuité avec le motif de la console. Ce buffet de positif était donc bien plus proche de la console qu'il ne l'est actuellement. Une légende richelaise rapporte que ces travaux auraient été exécutés après la mort de l'organiste tombé par dessus la rambarde ou - autre version - tombé du panier actionné par un palan qui servait à le hisser jusqu'à son instrument, la tribune ne possédant pas d'escalier à cette époque.

Le meuble en sapin avec panneautage en peuplier présente des épaisseurs de bois très faibles: 27 mm pour les montants, 12 mm pour les panneaux. Le grand corps est adossé au mur de l'édifice, sans fond. Les plafond en sapin ont été entièrement refaits en 1994 par la manufacture bretonne d'orgues, le meuble a été nettoyé, traité, ses éléments disparus ou abîmés ont été reconstitués, l'ensemble est protégé par un vernis spécial.
 
 

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Texte: Inventaire Général des Orgues d'Indre et Loire 1998 ©
Photos et mise en page: Lodoïs Gravel 1998-2006 ©